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2021, Débats et concertation autour du maintien ou du retrait de la statue de Napoléon à Rouen
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A l’occasion du retrait de la statue pour restauration, et dans le contexte du mouvement mondial de contestation des statues liées à l’histoire de la colonisation dans l’espace public et de demande d’inclusivité de cet espace, le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, émet le souhait de la remplacer par une statue de la militante féministe et anticoloniale Gisèle Halimi (1927-2020). Il soumet la proposition de retrait de la statue de Napoléon à une consultation démocratique : au mois de décembre 2021, les habitants de Rouen sont invités à voter en ligne sur le site de la ville de Rouen, pour le retour de la statue de Napoléon sur son socle d’origine, ou pour son déplacement et son remplacement par une figure féminine.
Cette proposition suscite une importante polémique et de nombreuses prises de positions à droite et à l’extrême droite. Le journal Le Figaro y consacre plusieurs articles, et rapporte l’opinion de Jonas Haddad, président des Républicains de Seine-Maritime : retirer la statue reviendrait à reconnaitre que le pays développe « une culture de la repentance ». (Stéphane Kovacs, « À Rouen, les habitants invités à voter pour conserver ou non la statue de Napoléon », Publié le 06/12/2021). Deux pétitions sont mises en lignes pour s’opposer au retrait de la statue et demander son retour à son emplacement initial : la première, créée par « L’Histoire à la Française », invite à « Défendre notre patrimoine », et raille :« Le Maire de Rouen étant si friand de figure féminine au nom de l'égalité, pourquoi ne pas y mettre Jeanne d'Arc, brûlée par les anglais dans cette même ville le 30 mai 1431 ? ou alors Charlotte Corday ? Héroïne normande pour avoir tué le révolutionnaire Marat ! ». Cette pétition recueille 21 758 signatures. La seconde, créée par le syndicat étudiant ancré à droite l’UNI (qui a en outre organisé une manifestation à Rouen) estime que la gauche « participe à la déconstruction de notre histoire » ; elle affirme : « A l’UNI, nous sommes fiers de l’héritage laissé par Napoléon qui est une des plus grandes figures de notre histoire et nous demandons le retour de cette statue équestre à son emplacement d’origine. Ce monument a résisté à deux guerres mondiales, il résistera au socialisme ! ». Elle recueille 4 700 signatures et 900 commentaires de soutien. La polémique se déploie à l’échelle nationale, et la mise en débat du sort de la statue de Napoléon devient, pour la droite et l’extrême droite, le symbole de l’essor de la « cancel culture » en France. L’historien Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon et un des rares historiens français à avoir pris publiquement position sur la question des « déboulonnages », affirme ainsi dans les colonnes du Figaro le 26 septembre 2021 : « C’est bien le respect de notre histoire qui est en jeu ». - has type | est de type
- contestation
- took place on or within | a eu lieu le ou dans l'intervalle de temps
- 2021
- was motivated by | le déplacement a été motivé par
-
Black Lives Matter (BLM)
- resulted in | a eu pour résultat
- Seuls 3502 votes sont enregistrés sur le site de la mairie de Rouen ; 68% des habitants ayant voté se prononcent en faveur du retour de la statue, et 64,2 % pour l’installation d’un élément explicatif qui donnerait des informations sur le monument.